J'en suis à mon cinquième déménagement» : en Haïti, de nombreuses familles fuient Port-au-Prince, en proie à une nouvelle flambée de violence entre gangs.
- 15/03/2025
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Haïti est en proie à une nouvelle vague de violence entre groupes armés. La capitale Port-au-Prince, particulièrement touchée par le phénomène, voit de nombreuses familles prendre la fuite.
L’île des Caraïbes ravagée par la violence. Alors que les affrontements entre gangs se sont intensifiés en Haïti, de nombreuses familles fuient la capitale Port-au-Prince pour se mettre en sécurité.
«J'en suis à mon cinquième déménagement à cause de la violence des gangs», a confié à l'AFP Nocia, une habitante de 64 ans qui n'a pas souhaité donner son nom complet. «Je n'en peux plus. Je veux quitter la capitale, je ne peux plus supporter cette misère», a-t-elle dit près d'une camionnette qui transportait ses meubles.
En effet, les gangs, qui depuis des années sèment la violence à Port-au-Prince, multiplient ces jours-ci les attaques dans plusieurs quartiers qui échappaient jusque-là à leur contrôle, semant la terreur parmi la population.
«Si je trouve un moyen, même par bateau, j'évacuerai mes enfants vers le sud d'Haïti, chez ma mère», a confié une autre habitante, Martine. «Je ne vois pas comment la situation peut s'améliorer à Port-au-Prince.»
Pays des Caraïbes le plus pauvre des Amériques, Haïti pâtit depuis longtemps des violences de bandes criminelles, accusées de meurtres, viols, pillages et enlèvements contre rançon, dans un contexte de grande instabilité politique.
Des victimes de plus en plus nombreuses
Selon l'Organisation internationale pour les migrations, qui dépend de l'ONU, entre le 14 février et le 5 mars, plus de 40.000 personnes ont fui leurs quartiers pour échapper à la violence.
Par ailleurs, en une semaine fin février, Médecins sans frontières a indiqué avoir pris en charge «90 victimes directes de violence, un chiffre deux fois supérieur à la moyenne habituelle».
Tout Port-au-Prince «risque de tomber aux mains des bandits», qui en contrôlent déjà la majeure partie, a alerté Pierre Espérance, directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains.
«La police est plus en mode défensif qu'offensif. Cela profite aux criminels», a-t-il expliqué, déplorant une situation sécuritaire qui se détériore, en dépit de la présence de la force multinationale de sécurité (MMAS).
Cette force, menée par le Kenya et soutenue par l'ONU, a commencé à se déployer l'été dernier et compte désormais un peu plus de 1.000 policiers de six pays, selon un décompte de l'AFP. Ce chiffre reste pour le moment loin des 2.500 attendus.
«La mission multinationale est limitée. Elle n'arrive même pas à déployer la moitié de son effectif sur le terrain parce que ses moyens de transport sont limités», a poursuivi Pierre Espérance.
Vendredi 14 mars, le gouvernement s'est réuni autour du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et a notamment discuté de sécurité, selon le bureau de ce dernier, sans faire pour autant d'annonce..
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